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25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 17:18


 

Toponymie - 3ème partie


PAYS DU GOELO


DE SAINT-QUAY PORTIEUX A PLOUEZEC

 



Plus loin, il y a, pointée droit vers le Nord, la «Pointe de la...Flèche», ainsi donc bien nommée. Au milieu de la presqu'île le bourg est appelé «Le Port Goret» dont le nom breton «Porzh ar Gored» est hélas !...oublié maintenant de presque tous, sinon tous, à savoir que «gored» veut dire «pêcherie» sous-entendu de construction humaine artificielle, ce qui implique que la baie du côté Ouest de la pointe fut aménagée autrefois pour servir de pêcherie...sous la dépendance d'un monastère ou d'une gentilhommière quelconque !

 

Etre Beg ar Vir ha Beg Plouha ez eus un draezhenn astennet hir gant en he c'hreiz ur seurt aber ledanik ha lagennek anvet «an Halegeg» pe «ar Palud». Perag e lenner war ar gartenn c'hallek « Les Rejetées » el lec'h m'emañ eno an draezhenn ? Ne welan ket tamm ebet !

 

Entre la pointe de Vir et la pointe de Plouha s'étale une longue plage avec en son milieu une sorte d'aber assez large et marécageuse appelée «Saulaie» ou «le Palus». Pourquoi lit-on sur la carte en français «Les Rejetées» à l'endroit même de la plage ? Je ne vois pas du tout !

 

Ar beg anvet a-wechoù Beg Plouha en deus ivez un anv all : Beg ar C'hwen. Ar ger C'hwen a sav ur beskennad amsteriegezh ! Hiziv an deiz e vezo komprenet dre c'hwen al loenig arvevat fall pe d'ar gwellañ degouezh al loenig-vor...ken lammer all ! Gwechall avat ar ger a c'helle ivez talvezout evit "kein". Douget e vefen da zegemer kentoc'h ar ster kentañ e seurt ma vefe da intent ez eo ar beg ul lec'h ma paout ennan ar "c'hwen-mor" (pe morc'hwenn). Hep avat ankounac'haat e vez ivez anvet ar "Menezioù Arre" gant ar bobl "Kein Breizh!"

 

La Pointe éventuellement appelée "Pointe de Plouha" ne correspond pas au nom breton de Beg ar C'hwen, mot qui peut introduire une certaine ambiguité ! De nos jours il sera compris comme signifiant «puces...sûrement de mer ici !» les deux bêtes étant aussi sauteuses l'une que l'autre ! Autrefois néanmoins le mot pouvait aussi avoir le sens de «dos». Je suis néanmoins porté à considérer le sens de puces de mer. Sans oublier toutefois que le langage populaire utilise le terme de «Kein Breizh = Dos de la Bretagne» pour désigner les «Monts d'Arrée» !

 

Dirak Beg Plouha ul lec'h a zo anvet pe gentoc'h skrivet «Kerouziel». Diaes eo da gompren talvoudegezh ar ger. Ne c'hellan nemet kinnig un dieuladenn ! D'ur pe vare an anv-gwan "uhel" a veze skrivet "ihuel" ha zoken "ihel". Hag a-neuze ne vefe ket reizh lenn «Kêr ar roz uhel» peogwir emañ al lec'h e poent uhelañ tro-dro ? Hag ouzhpenn 100metr a-us live mann ar gartenn emañ! Ha...ken tost ouzh bord ar mor !

 

Au niveau de la Pointe de Plouha, un lieu-dit s'appelle «Kerouziel» dont il est difficile d'interpréter le sens. Je ne puis qu'avancer une interprétation !A une certaine époque l'adjectif «uhel» était écrit «ihuel» et même «ihel». Dès lors ne faudrait-il pas lire «Ker ar roz uhel» soit «Villa de la colline haute» puisque l'on se trouve au point culminant des environs ? A plus de 100 au-dessus du zéro des cartes, si près du bord de mer !

 

Ar beg da c'houde a vez anvet e galleg «Le Pommier» da lavarout «an Avalenn» Perag ? En abeg da neuz an enezig ?

A-dal er mor emañ an enezig anvet «La Mauve». Ne c'heller ket kompren a-daol-kont e rafe meneg eus anv c'hallek ar blantenn... na hini al liv ! Krediñ a ran ez eo da liammañ ouzh un anv lec'hel evit un ouenn skrevig, c'honvat «Lanus canus» hervez anvadur Linné.

 

La pointe suivante est appelée «Le Pommier».Pourquoi ? A cause de sa forme ?

En face en mer se trouve la petite île dite «La Mauve». On ne peut croire d'emblée que cela fait référence à la plante...ni à la couleur ! Je pense qu'il faut le relier au nom local d'une espèce de mouette (nommée skravig ou skrevig en breton)... sans doute «Larus canus» de Linné !

 

Bremañ e kejomp ouzh un anv luzius ; «Gwin Zegal» war ar gartenn e galleg ha "Gouin Segal" war ar gartenn vrezhonek. Pell amzer em eus prederiet war ar poent gant kalz enklask, kalz reuziadoù daousoñjal! A-benn-fin, e kouezhis war un destenn hag a rae meneg eus ur skrid gant Roparzh Hemon, ennañ meneg eus an enezeg anvet e galleg "Les Hébrides". An anv dindan bluenn R. Hemon a oa "inizi gal". Perag "gal"?

Setu pezh a c'heller c'hoazh lenn en "Encyclopedia Britannica":

"Ar remziad skornadenn hir ha grizias e-pad ar pevare hoalad a lezas an inizi gant un torosennadur drailhet hag un aod rust ha dijelgennet e seurt ma ne vez ket tu ahont da grouiñ ur gounezerezh kreñv. Souezh ebet enta mar deo bet anvet al lec'h ur vro na dalv netra...na dalv ket ar gal! hervez an droienn aet bremañ da goll er yezh ar pemdeiz!

Pep hini a oar ervat ez eo bet Plouhadiz a-gozh moraerien dispar ha pesketaerien moru brudet! Pempoulliz ne oant ket o-unan! N'ez eus ket da arvariñ war o barregezh evit merdeiñ asur trema holl vorioù an Hanternoz ha peurgetket "Kanol Iwerzhon" ha hedañ aochoù Bro-Skos...hag enta an "Inizi gal". An inizi a-dal Kêr Plouha n'int ket evit bezañ keñveriet ouzh ar re e Bro-Skos ha setu penaos e faltazian o deus Plouhadiz kozh rambreet evit envel o enezigoù dister "Gouinisi gal" pe "Gouinisig gal" e skritur a-wechall gant ar rakger disteraat "gou-" rak ne oant ket diot. Gant kalz boazioù ezkreriet ha kalz gerioù aet da goll er yezh voutin e c'heller kompren ez eur bet techet da glask ur ster nevez dre hesoniezh hepken; pezh a-benn-fin a c'hoarvez aliesik, siwazh.

 

Maintenant nous rencontrons un nom troublant "Gwin Zegal" sur la carte en français et "Gouin Segal" sur la carte en breton. J'ai longtemps pioché sur le sujet avec beaucoup de recherche et de réflexion ! Finalement je suis tombé sur un article qui faisait mention d'un écrit de Roparzh Hemon, dans lequel était mentionné l'archipel des Hébrides. En breton R. Hémon les appelait «Inizi gal».Pourquoi ?

Voici ce que l'on peut encore lire dans «Encyclopédia Britannica»

«La longue et rude période glaciaire au cours du Quaternaire a laissé les îles avec un relief très heurté et une côte découpée par des fjords de sorte qu'il n'y est pas possible de créer une agriculture puissante. Il n'y a donc pas à s'étonner si l'endroit a été considéré comme ne valant pas «tripette»...pour traduire bien l'esprit de l'expression bretonne (hélas ! maintenant tombée en oubli, soit «Ne dalv ket ar gal !»

Tout un chacun sait que les gars de Plouha ont été de toujours de solides marins et des pêcheurs de morue réputés ! Ceux de Paimpol n'étaient pas tout seuls ! On ne peut mettre en doute leur aptitude à naviguer hardîment dans les mers septentrionales par notamment le canal d'Irlande et en longeant les côtes d'Ecosse et donc celles des Hébrides. Les ilets devant Plouha ne peuvent évidemment pas être comparées aux Hébrides et voilà comment j'imagine que les vieux Plouhatins ont fantasmé en nommant leurs minables îlots «Gouinizi gal !» ou alors «Gouinisig gal»...pour respecter l'orthographe de l'époque...et ceci par plaisanterie ou moquerie ! en prenant soin de faire précéder le terme du préfixe minorant et même dépréciatif -gou !

Etant donné que les mœurs sont souvent tombées en désuétude et que de nombreux mots de la langue courante ont été perdus, on est tenté de rechercher un sens par l'homophonie uniquement ; ce qui, hélas ! survient en fin de compte assez souvent !

 

Al lec'hig da heul en deus un anv a gaver aliesik. «Porzh Moger» a zo bet anvet evelse sur-mat abalamour ma'z eo bet tamm pe damm ur c'hreñvlec'h aodel en amzer dremenet.


Le lieu-dit Port-Moguer a un nom que l'on trouve assez souvent. Il a surement été ainsi appelé pour avoir été plus ou moins un fortin côtier dans les temps passés.


Teir roc'h, an «Damezed» a zisrann traezhenn Porzh Moger diouzh an draezhenn veur anvet Traezhenn «Bonaparte» astennet betek «Beg an Tour» hag a zo dirazi en donvor «Tourell an Tarv» gant en he c'hichen pleg-mor Breheg.

Breheg n'eo nemet ur geriadenn eus kumun Sant Loup. N'eo ket sklaer-tre istor anv ar gumun nemet asur eo e denn da anv ur sant bet eskob kêr Troyes er Vvet kantved pe unan all bet eskob kêr Sens kant vloaz bennak diwezhatoc'h. Pa seller ouzh neuz torosennek al lec'h ez eo aes kompren perak ez eo bet anvet "breek"...hag a vefe gwirioc'h c'hoazh en tu-hont war hent Beg Maen Rous ha Berjul. War hed 200metrad bennak a-blaen e pigner ouzhpenn 50 metrad war an hent eus Breheg da di-gar Sant Loup!

 

Trois roches, les "Dames", séparent la plage de Port-Moguer de la grande plage appelée Plage Bonaparte qui s'étale jusqu'à la Pointe de la Tour qui est devant la Tourelle du Taureau et à côté de la Plage de Bréhec.


Brehec n'est qu'une bourgade de la commune de Lanloup. L'historique du nom de cette commune n'est pas très claire mais de façon certaine elle tient son nom de celui d'un saint qui fut évêque de Troyes au 5ème siècle, sinon d'un autre qui fut évêque de Sens quelque cent ans plus tard. Quand on considère l'aspect tourmenté du lieu, il est facile de comprendre pourquoi il fut ainsi nommé (breek veut bien dire vallonné)...et ce serait encore plus justifié s'agissant des pointes suivantes (Min Rous et Berjul). En quelque 200 mètres à vol d'oiseau par la route de Bréhec à la gare de Lanloup on s'élève de plus de 50 mètres !

 

Adalek ar poent-mañ betek genou an Treñv emaomp o vont da gejañ ouzh anvioù kozh-tre ez anat hag a sav ar gudenn d'en em c'houlenn hag-eñ n'int ket da dostaat ouzh pennwriziennoù..galianek..implijet 2.000 vloaz'zo bennak !

 

A partir de ce point jusqu'à l'embouchure du Trieux, nous allons rencontrer des mots d'évidence très anciens qui soulèvent le point de savoir s'ils ne sont pas à rapprocher de radicaux...gaulois...en usage il y a quelque 2000ans !

 

Roc'hellek-garv eo an aod adalek Breheg betek Beg Bilfod e kumun Ploueg-Arvor.A-hed an aod-se e kejer gant :

• Beg Maen Rous

• Beg Berjul

• Porzh Pin

• Porzh ar Birneg, da vezañ intentet sur-mat Porzh ar Brennig

• Beg Minar(d)

• Beg Bilfod

 

Darn eus an anvioù-mañ a ziskouez sklaer emaomp en ur c'horn-bro a zo bet graet enni a-gozh-kozh gant ar brezhoneg pa weler gerioù evel Berjul, Minard ha Bilfod...

Ster Beg Maen Rous a zo sklaer, keñveret ma'z eo gant liv ar roc'h. N'eo ket ken anat evit Beg Berjul peogwir ez eo "berjul" ur ger kollet gant ar yezh voutin. Memes gwrizienn hag ar galleg «béryl» en deus ha memes ster da heul, da lavarout glas-mor. Deveret eo diwar ur ger gresim evit maen lufrus liv ar mor warnañ.

Porzh Pin ? Bez e vefe da lenn : Porzh-pign evit kemenn ez eo aveet gant un araez-gwintañ bennak e giz ma vez kavet e meur a lec'h e broioù skandivavek da skouer, rak sonn eo an tornaod amañ!!! Ne gavan abeg poellek ebet avat evit reiñ lañs d'ur c'heal diazezet war an naouadur "gwez pin".

Porzh ar Brennig a zo sklaer....mar deo reizh va skritur!

Beg Minar(d) a zo luzietoc'h. Bet eo degouezhet din reiñ dija un displegadenn! Evelhen!

"Ne gaver en anv nemet gwrizioù o punañ en-dro da yezh ar galianed ! ha da gentañ ar ger « beccos » gwrizienn hon «beg» a-vremañ, hogen ivez ar ger gallek «bec». Minard a zo da zaoudammañ e "maen+ard". Ster "maen" diwar ar galianeg "meina" a zo sklaer. An eil lodenn "ard" a zeu diwar ar galianeg "arduo-" er ster : uhel a gaver ivez e galleg a-vremañ da skouer en anv ar menezioù "Ardennes", en anvioù-lec'h all evel Ardes (kêr e departamant Puy de Dôme) ha zoken "Ardena hag Ardenno e Hanter-noz Bro-Italia"...Kerentiezh ez eus gant ar galleg : "ardu"...hag ar gresim "orthos"...

Ur skritur reizh e brezhoneg a vefe enta: Maen (distaget:min) Art, o talvezout da : Maen sonn uhel.

Beg Bilfod hon fed adarre da straniñ e-touez kozhailhoù. E bilfod ez eus div silabenn aet da ankoun er yezh a-vremañ. "Bil" a zo bet miret betek n'eus ket ken pell gant hon c'hendirvi eus Bro-Gembre. Don't a ra diwar ar galianeg "bilio-" er ster :gwezenn uhel hag alese ar ster deveret: pikern, savadenn sont. Alese neuze ar ster a dalv en degouezh-mañ: tornaod uhel ha serzh.

Ster an eil sillabenn a zo luzietoc'h.

 

Photo de la carte de la cote entre la Pointe de Minard et le gouffre de Plougrescant - au milieu : le sillon du Talbert -  les embouchures des rivières du Trieux et du Jaudy - (lumix : 519)

 

Hervez Bernez Tangi ha Yann Vari Ploneis, ar wrizienn a vefe kuzhet en henc'hermaneg "Fald" hag ar saozneg "fold" er ster "traonienn" pe "saonienn". Klotañ mat walc'h a rafe gant frammadur al lec'hioù :  Barr ar fod er poent uhelañ, Kerfod evit ar vourc'h ha Bilfod evit ar poent war an aod. Hogen, diouzh ur savpoent all, ar ger alamanek a c'hell ivez talvezout da "kloziad" hag alese an henc'halleg "Faulx" pe "Faux" er ster "gwaremm" ha dre ster-astenn "mirlec'h jiboez" (miret da wir evit ar noblañsoù pe pennoù bras all hepmuiken!). E rannvroioù all eus Bro-C'hall ar ger "faude" a dalvez da glozadur evit deñved d'an noz. Hag ouzhpenn se e rannvro Normandi ar ger lec'hel "faude" a zo bet implijet evit envel an toull kleuzet en douar evit lojañ ur bern koadda vezañ devet evit oberiañ glaou-koad...pezh a zo anavezet tro-dro dre an anv-lec'h : poullglaou!

Puilhañ a ra enta ar skleriadurioù gallus! N'on ket evit skarat war ar poent daoust ha douget e vefen da zegemer ar c'heal gwaremm-mirlec'h!

 

La côte est sauvagement rocheuse depuis Bréhec jusqu'à la pointe de Bilfot sur la commune de Plouézec. Le long de cette côte on rencontre :

• La Pointe de la pierre rousse,

• La pointe Berjul (c.a.d pointe émeraude)

Photo n°21 : Vieille Eglise du Village de LANLOUP avec son Calvaire et son cimetière (13° siècle) - (lumix :360)

Skeudenn n°21 : Iliz gozh Sant Loup gant he C'halvar hag ar Vered ( 13vet kantved )

 

• Le lieu dit Porzh Pin

• Porzh Pin

• Porz ar Birneg, à lire en fait Porzh ar Brennig

• Pointe de Minard

• Pointe de Plouézec (connue localement sous le seul nom de Pointe de Bilfot)

 

Certains de ces noms indiquent clairement que nous sommes dans un secteur où il a été fait usage de très longue date de la langue bretonne, si l'on considère des noms tels que Berjul, Minard, Bilfot...

Le sens de la Pointe de la Pierre Rousse est clair.Ce n'est point évident pour la «Pointe de Berjul» ou de «Minard» ou de «Bilfot»

«Berjul» est un mot perdu pour la langue courante moderne. On y trouve la même racine que dans le français «béryl» pure transcription d'un mot grec signifiant «pierre précieuse de couleur verte eau de mer». Une traduction correcte ici serait donc «Pointe Emeraude»

Photo n°22 : Plage de BREHEC avec la Pointe de la Tour - (lumix : 367) - Traezhenn ha Beg an Tour e BREHEG

 

Le sens de Porz Pin m'échappe complètement, ne voyant pas comment peut intervenir le conifère «pin» et je me demande s'il ne faudrait pas lire «Porzh Pign» auquel cas, on pourrait comparer avec certains ports scandinave où l'escarpement de la côte comme ici justifie l'utilisation de certains appareils fixes de levage pour manipuler des charges vers le haut de la falaise ???

Porzh ar Brennig devient clair, car nous nous trouvons dans une situation très proche de celle de «La Rognouze» déjà vue, «brennig» voulant dire «berniques» ou encore «patelles»

La Pointe de Minard est un cas plus compliqué. Il m'est déjà arrivé d'en donner une explication comme suit.

On ne décèle dans le nom que des racines qui tournent autour de la langue gauloise et pour commencer le mot «beccos» qui est la matrice de notre «beg» mais ...aussi du français «bec». Minard doit être scindé en deux sous forme «maen+ard». Maen dérive du gaulois «meina» dans le sens très probable de «minerai» qui a engendré le français «mine» et le breton «maen» ( pluriel mein). Le deuxième terme «ard» dérive du gaulois «arduo» proche du latin «altus» et du grec «orthos» qui ont le sens de «haut, élevé»... On retrouve cette racine dans de nombreux mots, notamment, géographiques tels que les monts des Ardennes, les villes de Ardes (Puy de Dome) ou encore «Ardena ou Ardenno»...en Italie du nord...On retrouve aussi la racine dans le français «ardu» (autre aspect de la chose).


Photo n°23 : la Pointe de MINARD - le Phare de LOST- PIC- (vue du bout de la pointe) (lumix :212)

Skeudenn n°23 : Beg MINART - Tour-Tan LOST-PIG - (gwelet eus Beg Minart )

 

 

En conséquence, une orthographe correcte en breton serait : Maen (prononcé mine avec i long) Art .

Le nom de la pointe de Bilfot nous invite à nouveau à musarder dans les vieilleries. Le mot Bilfot contient aussi deux syllabes tombées en désuétude. Le mot «bil» a été conservé jusqu'à récemment par nos cousins les Gallois. Il vient du gaulois «bilio» désignant un arbre de haute taille (voir le français : bille....de bois) d'où le sens dérivé de : pic, cône...élévation abrupte...et donc le sens qui nous préoccupe ici : falaise élevée et raide.

Le sens de la deuxième syllabe est plus compliqué.

Selon Bernard Tanguy et Jean Marie Ploneis, la racine serait cachée dans le haut-allemand «Fald» et l'anglais «fold» dans le sens de «vallée ou vallon ...sinon simplement : plissement». Ceci collerait assez bien avec les lieux où elle apparaît dans les environs ; Barfot (sommet de fot), Kerfot (ville ou centre de...), Bilfot (falaise de...)...lieux très rapprochés les uns des autres sur la même commune.

Cependant d'un autre côté, le vieux mot allemand peut aussi vouloir dire «enclos» et ce serait la matrice du vieux français «Faulx» ou «Faux» dans le sens de «garenne» ; le sens primitif de ce mot étant «défense de pêcher dans une rivière ou de chasser dans un bois !» et par suite en extension de sens «réserve de gibier» ; réserve en faveur de gens très aisés naturellement et singulièrement la noblesse.

 

 

 Photo n°24 : Baie de PORT-LAZO à marée basse - à gauche parcs à huitres - en face l'ile de MEZ de GOËLO-

à droite : Pointe de PLOUEZEC - (lumix : 209)

Skeudenn n°24 : Bae PORZH LAV d'an dazre - en tu kleiz tachennad istr - a-dal : enez MEZ GOELOU -


War an tu dehou : Beg MINART -

Nota : ici MEZ est un vieux mot qui a le sens de borne en breton moyenageux

 

Dans d'autres régions de France. le mot «faude» signifie «enclos de nuit pour les moutons». En outre en Normandie, «faude» est localement utilisé pour désigner le trou creusé en terre pour recevoir le tas de bois à bruler lentement pour fabriquer du charbon de bois...ce qui en breton correspond aux petits endroits appelés «Poullglaou !»

Abondent donc beaucoup les possibles interprétations françaises ! Je ne me sens guère pour trancher même si je serais tenté d'adopter celle de la garenne/réserve de gibier !

 

E-kichen Beg Minard ez eus war-du Beg Bilfod ur beg all anvet e galleg « Pointe de Kerlite », ket meneget avat war ar gartenn vrezhonek hag un tammig pelloc'h "Porz Donan" (Sic war ar gartenn c'hallek!). Ur blaz brezhonek ez eus war «Kerlite» met n'eo ket komprenus evelse. Daoust ha ne fellfe ket lenn "Beg Kerluz" diwar unan eus an anvioù a zo bet roet d'ur seurt bezhin mat da zebriñ a veze roet d'ar c'hezeg gwechall hag anvet an aliesañ "tellesk" (e latin Rhodimenia palmata)!

Da c'houde ar gartenn a veneg ur "Porz Donan" met n'ez eus porzh ebet eno gant ar roc'hellek ma'z eo al lec'h.Daoust ha ne vefe ket da lenn dre fent "Porzh (an) Dogan" ....peogwir Run Dogan n'emañ ket pell!

 

A coté de la pointe de Minard du côté de la pointe de Bilfot, une autre pointe est nommée «Pointe de Kerlite» non mentionnée sur la carte en breton et un peu plus loin un endroit nommé «Porz Donan» (sic sur carte en français). Le mot «kerlite» a une consonnance bien bretonne mais n'est pas compréhensible tel quel. Ne faudrait-il pas lire «Beg Kerluz ?» kerluz étant un mot synonyme de «tellesk» nom d'une algue comestible (Rhodimenia palmata en latin) que l'on donnait autrefois pour nourrir les chevaux !

Non loin, la carte mentionne un «Porz Donan» mais il n'y a pas là de port tellement l'endroit est rocheux. En dérision, ne faudrait-il pas lire «Porzh Dogan ?» puisque «Run Dogan» n'en est pas loin ! .et que «dogan=cocu !»

 

Ar beg anvet «Pointe de Plouézec» war ar gartenn e galleg a vez anvet Beg Bilfod e brezhoneg. Rak Bilfod eo da wir anv al ledenez voan hag uhel (da nebeutañ 61 metrad a-us mann ar gartenn daoust mar n'eo ket ledanoc'h eget 150 metrad d'ar muiañ) a serr korn gevret Bae Pempoull.

 

La pointe dite de Plouézec en français est dite Pointe de Bilfot en breton. Bilfot est en fait le nom de la mince et haute presqu'île (au moins 60 mètres au-dessus du 0 des cartes pour 150 m  de large au plus) qui ferme au Sud-Est la baie de Paimpol.

 

Photo n°25 : le MOULIN de CRACA restauré - à la pointe de KERARZIC - (lumix : 204)

Skeuden n°25 : Milin gozh bet renevezet war Veg KERZHARZIG el lec'h anvet KRAGVA -

 


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Published by Micarmor - dans IDENTITE BRETONNE
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